Les infirmières de nuit sont venues ce matin à 6h30 pour faire la dernière vérification de mes constantes de nuit. Et elles ont décidé que ma nuit était terminée en ouvrant grand mes volets.

À 7h, on m'a servi un thé (tiède) dont j'ai bu 2 gorgées.

J'ai ensuite refusé que l'on me lave au lit.
Je suis extra pudique et je suis aussi extra maniaque sur l'hygiène corporelle. Il est donc absolument hors de question qu'une infirmière qui doit avoir 15 de moins que moi me lave à même mon lit. Je prends donc mon courage à deux mains, où plutôt ma patère de perfusion de la main droite, et je file dans la micro salle de bain de ma chambre.
Ah... La salle de bain.
Ma chambre solo (1 seul lit) a sa propre salle de bain, c'est à dire une petite pièce aveugle avec un lavabo dans le passage, un coin douche sans bac (l'évacuation se fait à même le sol) et au fond, il y a le WC. On ajoute à cela un fauteuil pour pouvoir se laver ainsi et aucun obèse n'arrive à rentrer là-dedans sans se cogner. Alors imaginer ma situation, obèse avec en plus une patère à laquelle pendouille 3 perfusions...
Tant bien que mal, j'arrive à faire une toilette de chat au lavabo : la figure, les aisselles, l'entre-jambe. Mon mari, en restant en dehors de la salle de bain puisqu'elle est trop petite, et en tendant le bras, viendra me frotter le dos. Bonheur !

Retour au lit. J'ai la tête qui tourne et je me sens exténuée par cette toilette.
Pour autant, je n'ai toujours pas mal au ventre. Je me sens barbouillée, j'ai la nausée mais je n'ai pas mal au ventre.

Au même moment, mon chirurgien, le docteur Arnalsteen me rends visite. Il est satisfait de l'opération. Il est satisfait de l'état de mes cicatrices. Je suis satisfaite qu'il soit satisfait. Tout va bien dans le meilleur des mondes mis à part que je suis toujours et encore nauséeuse.

J'ai passé le reste de la journée à regardé la télévision d'un oeil, feuilleter des magazines et échanger des banalités avec mon mari. Les heures durent une éternité et même si je somnole beaucoup, je m'ennuie terriblement.

Il est midi.
On me rapporte un yaourt sauf qu'à part le fromage, je n'aime pas les produits laitiers.
Le yaourts repartira d'où il vient sans que j'y touche. Finalement, on me trouvera un pot de compote sans morceaux. J'en mangerai 2 cuillères à café et ce sera tout ce que j'avalerai aujourd'hui.

Je regarde la télé et je somnole. 

Les infirmières se succèdent à mon chevet et sont toutes aux petits soins.
On vient régulièrement me changer mes perfusions, me demander si j'ai encore des nausées. On me trouve même de la compote parce que finalement on s'est rendue compte que je n'avais rien mangé à midi. La compote, c'est 1/2 cuillère à café et ça bloque. Si je ne maigris pas avec ça...

Le journée file ainsi. Je me sens relativement en forme mis à part ces nausées. Les heures sont longues et bien évidement, il n'y a rien d'intéressant à la télévision pour me changer les idées. Alors, accroché au bras de mon mari et sur les recommandations des infirmières, je pars marcher un peu dans le couleur. 150 m suffisent à me fatiguer.

C'est l'heure du dîner et  ce coup-ci, j'ai droit à un bol de soupe. Enfin, un bol d'eau colorée en rouge-orange. J'en prend un fond de cuillère à soupe. C'est tiéde voir quasi froid et en plus ça a un goût dégueulasse. Non en fait ça a un goût ni de légumes, ni de viande, ni de poisson. À quoi est donc cette soupe ? Impossible de le savoir. Du coup, ça me dégoûte et je n'en consomme pas une seule cuillère. De toute façon, je n'ai pas faim. Ah tiens, est si j'avais la chance de ne plus jamais ressentir la sensation de faim ?
Avec la soupe, j'ai aussi un yaourt à boire du type mini Yop. Je n'aime pas ça. Je n'y touche pas.
Le plateau repas repart intact et ça n'inquiète personne. Je ne suis qu'à J+1 de ma sleeve donc cela doit être normal.

Avant de songer à ma nuit, je fais un passage par la salle de bain pour improviser une petite douche. Cela fait un bien fou de sentir l'eau couler sur moi. J'évite soigneusement de me mouiller le bras à perfusion ainsi que le ventre qui est encore sensible. Je me sèche, j'enfile un nouveau poncho (la blouse pour obèse de La Louvière) et je regagne le lit.

C'est là qu'une très violente douleur me prendre à la poitrine puis au bras gauche. Mon dieu, je fais une crise cardiaque ??? J'appelle une infirmière qui me rassure et me dit que c'est sûrement les gaz de la coelioscopie qui remontent. J'étais prévenue mais je ne pensais pas que ça pouvait arriver le lendemain. L'infirmière me change une perfusion et je m'octroie une dose de morphine avec ma pompe. Cela ne me soulage quasi pas hélas.

Mon mari rentre à la maison. Je me retrouve seule avec ce mal d'épaule du au gaz. Alors pour me changer les idées, je me décide à regarder un film à la télévision sauf qu'au bout de 10 minutes à peine, je sens le sommeil me gagner. Hop, j'éteinds la télévision et je m'endors.