Cette nuit, les infirmières ont eu pitié de moi et ne m'ont pas réveillée toutes les 2h pour surveiller mes constantes. J'ai pu facilement dormir 6 bonnes heures d'affilées et je le ressent ce matin au réveil. Je suis moins patraque. J'ai d'avantage envie de bouger. Je me sens moins nauséeuse également.

Mon petit-déjeuner matinal (il doit être à peine 7h quand on me le sert) est composé d'une grande tasse de thé (toujours aussi tiède) + 1 Flamby. J'avale 2 gorgées de thé et je mets 30 minutes pour manger 3 petites cuillères à café de Flamby puis le plateau repart. Je n'ai pas vraiment faim et le peu que j'avale me rassasie illlico.

Très tôt, le docteur Arnalsteen me rend visite. Il consulte mon dossier. Les suites de l'opération se déroulent comme il le souhaite. Il s'étonne que je sois encore sous perfusion et m'annonce qu'il va demander à ce qu'on m'enlève tout ça. Je lui précise que j'ai des naussées non stop. Pour lui, ce n'est pas inquiétant vu l'opération. Il me recommande d'aller marcher dans le couloir (pour stimuler ma circulation sanguine, mon transit, me changer les idées, dépenser un peu de calories et je ne sais quoi d'autre). Puis il m'annonce que si je suis ok, je peux sortir demain, après avoir vu la diététicienne.

Et je suis ok !

Mon mari arrive au même moment. Pas le temps de s'assoire, je l'embarque avec moi pour marcher. Toujours accrochée à son bras, j'arpente 2 fois le couloir sans trop être ni fatiguée, ni tiraillée par les cicatrices. C'est assez impressionnant comme on se remet vite d'une opération tout de même conséquente.

De retour dans ma chambre, je ne regagne pas mon lit mais m'assoie au fauteuil. Je m'y sens bien. J'en avais marre d'être à moitié allongé 24h/24. Mon mari allume la télévision et une chaîne retransmet un vieux film qu'on avait bien aimé alors nous voilà, en train de regarder à nouveau ce vieux film. La matinée passe relativement vive. J'ai finalement eu bien raison de prendre l'option TV/Internet, même pour 3 jours.

Le repas du midi arrive non sans me rappeler le dîner de la veille : un bol de soupe cette fois-ci de couleur verte et totalement froid, pour ne pas dire gelé. C'est bien simple, j'en goute une cuillère que je recrache illico dans le bol. Une aide soignante se désespère de voir que je ne vais encore une fois rien avaler et me propose d'aller me réchauffer le bol. Ce sera inutile, même chaude, je n'y toucherai pas. C'est de la flotte colorée en vert, ça n'a aucun goût. J'ai beau être convalescente des suites d'une opération de l'estomac, pour autant j'ai gardé le goût des bonnes choses.
On me propose un yaourt à boire. Puis finalement une compote sans morceau.
Je tente la compote : 2 cuillères à café passe et je me sens remplie.
Mon déjeuner se termine ainsi.

Dans l'après-midi, les infirmières m'ont retiré mon cathéters et mes perfusions. On m'a aussi nettoyé les cicatrices pour ensuite les bomber d'un pansement liquide transparent. J'ai pu aller prendre une vraie douche, me mouiller entièrement. Le pur bonheur avant d'aller me coucher. Du coup, j'ai trouvé le sommeil en un rien de temps.

Je n'ai pas touché au dîner que l'on m'a servi. Je ne me souviens même plus de quel couleur était la soupe. Je me souviens juste d'un ramequin rempli d'une masse jaune et compacte protégée par un film où il est écrit "compote pro". C'est donc sûrement de la compote enrichie de protéines. Docilement, mon mari se dévoue pour gouter ce truc et, bien sûr, c'est dégueulasse. Ce soir encore, je n'avalerai rien mais ça n'a rien de grave, je n'ai absolument pas faim.

Je m'endors rapidement et paisiblement en pensant que demain, normalement, je sors.