mercredi 10 juin 2015

Le syndrôme de l'intestin irritable (SII) ou colopathie fonctionnelle

Aujourd'hui j'ai rendez-vous chez ma gastro-entérologue.
Elle me suit depuis quelques années parce que j'ai un syndrôme de l'intestin irritable.


Qu'est-ce qu'un syndrôme de l'intestin irritable (SII) appelé aussi colopathie fonctionnelle ?

Un syndrôme de l'intestin irritable n'est ni génétique, ni contagieux. Ça vous tombe dessus sans prévenir et c'est à vie.

Une personne atteinte de SII est très très très sensible des intestins. Une contrariété, une angoisse, une dispute, un oubli, du surmenage, de la fatigue ou simplement des réactions à certains aliments ou combinaisons d'aliments peuvent provoquer une crise.
Par quoi se manifeste une crise ? Selon les personnes, cela peut se traduire de 3 façons : douleurs et diarrhée, douleur et constipation, ou douleur et diarhée + constipation. Dans tous les cas, la douleur est vraiment terrible (et chez moi, strictement aucun médicament ne la calme).

Je ne sais pas qu'elle est la version la plus handicapante. Le sort m'a attribué la version avec diarhée mais pas la petite diarhée hop j'a fait mon popo et ça va mieux. Avec mon SII type diarrhée, c'est plutôt jen 5 mn chrono, je me chope la gastro du siècle à en choper des suées et des vertiges.


Comment se manifeste un SII ?

Une crise de SII peut se manifester suite à un trouble psy (contrariété, angoisse, fatigue, etc), suite à l'ingestion de certains aliments, ou en conjuguant ces deux paramètres.

Me concernant, les premiers signe de mon SII type diarrhée se sont manifestés au début des années 2000. J'étais à l'époque dans une situation professionnelle compliquée et angoissante. J'ai fait une grosse dépression. Chaque matin sans la moindre exception, j'allais me vider aux toilettes du boulot avant de prendre mon poste. Cela a duré 5 ans ainsi jusqu'au jour où j'ai changé de travail.
Mes crises se sont alors espacées jusqu'à disparaître. J'ai cru le problème réglé jusqu'au jour où sans la moindre raison apparente, elles sont réapparues moins fréquentes et moins soutenues.
Depuis je vis avec ponctuellement. J'en compte en moyenne 1 par mois. Au mieux, la crise dure à 3 jours. Au pire, la crise dure 1 semaine à 10-12 jours. La pire que j'ai connu a duré 3 semaines. Oui, oui, 3 semaine de diarrhées quotidiennes.

Vous comprendrez donc qu'un SII peut devenir très handicapant car l'on n'est absolument pas maître de son intestin.
D'ailleurs, je n'arrive pas à comprendre pourquoi les personnes souffrants de SII n'ont pas droit à une carte d'handicapé ou tout au moins une carte d'invalidité... Cela nous permettrait notamment de pouvoir accéder en urgence aux toilettes des magasins, à passer en priorité dans les files d'attente, etc.


Comment soigner un SII ?

Il n'y a pas de soins qui permettent l'éradication de la maladie. Il faut vivre avec ! Au mieux, il est possible d'atténuer les symptômes.

- On peut prendre des antispasmodiques pour lutter contre la douleur. Le gastro-entérologue recommande dans ce cas du Spasfon, du Hepatoum ou du Météospasmyl. Quand rien ne fait effet, certains médecins prescrivent à très faible dose des anti-dépresseur car ils abaissent le seuil de la douleur.

- On peut aussi prendre des capsules entérosolubles de menthe poivrée. Cela agit particulièrement bien contre les spasmes mais hélas en France il n'existe pas de produits sous cette forme. Il faut trouver un pharmacie qui accepte de vous en préparer (bonne chance !). Sinon on peut se rabattre sur des capsules Oléocaps 3 Digestion et Transit intestinal (laboratoire Pranarôm).

- On peut aussi avoir recours aux probiotiques. Ça ne peut pas faire de mal, ça ne fait que rééquilibrer la flore intestinale. Ma gastro-entérologue m'en a d'ailleurs prescrit aujourd'hui et je commence ma cure dès demain. Attention, ce n'est pas donné: il faut compte entre 25 et 50 euro la boite pour une cure de 30 jours, non remboursée par la sécu.
Pour info, à la pharmacie de V2 (à Villeneuve d'Ascq dans le 59), la boite de probiotique que ma gastro-entérologue m'a prescrit coûtait 42 euros. Si vous habitait l'agglomération lilloise, allez plutôt vous fournir à la pharmacie Casetta qui se trouve rue Faidherbe à Lille. Cette pharmacie travaille en direct avec plusieurs labo de probiotiques. Elle n'a donc pas d'intermédiare et beaucoup de choix/stock. Pour preuve, j'y ai acheté ma boite 25 euros !

- On peut aussi se trouner vers la médecine douce où apparentée, le but n'étant pas de soigner le SII mais d'apprendre à le gérer. Certains proposeront l'hypnose pour diminuer le stress si vous en souffrez beaucoup et si cela occasionne des crises. Certains proposeront l'acuponcture. Moi, je me suis mise à la méditation. Dès que j'aurai suffisamment maigri, je souhaite reprendre le sport (pour évacuer) et m'initier au yoga (pour me détendre).

- On peut aussi et surtout adopter les bons réflexes...
Au quotidien et encore plus pendant une crise, il est préférable de :
      - Privilégier les fibres solubles, c'est à dire avoine (flocons, son, farine), orge, psyllium, sarrasin, légumineuses (haricots rouges, blancs), figues sèches, pruneaux et dans une moindre mesure les fruits et légumes frais comme la carotte, courgette, asperge, patate douce, fraise, pamplemousse, nectarine, pêche et orange.
      - Limiter les produits trop riches en gras et j'ajouterai aussi trop riche en sucre.
      - Pratiquer une activité physique régulière.


Comment vivre avec un SII ?

Puisque cela ne se guéri pas, il faut apprendre à vivre avec et anticiper.

- Dans ma voiture, j'ai toujours du papier toilette, 1 ou 2 bouteille d'eau (pour me rafraîchir, me réhydrater voir même me laver grossièrement en cas d'accident de wc). Je devrai aussi avoir un change complet (soit 1 culotte propre et 1 pantalon bien extensible) pour le jour où faute de trouver rapidement un wc de libre, je pourrai me faire dessus.
- Dans mon sac à main, j'ai toujours du gel anti-bactérien, des lingettes, plusieurs paquets de Kleenex, des antispasmodiques et un petit encas léger et très peu sucré (pour me requinquer après une diarrhée qui souvent me donne des vertiges).

Pensez également à tenir un journal de bord de vos repas afin de déterminer quoi, comment et quand un ou plusieurs aliments vous rendent malade. Dans un petit carnet, notez absolument TOUT ce que vous manger et buvez (même la gorgée d'eau insignifiante) et surtout à quelle heure. Il faut être patient et très persévérant mais cela va vous permettra de constater, avec le temps, que certains aliments (ou combinaisons d'aliments) font réagir votre intestin.
J'ai tenu ce petit carnet pendant 15 jours et au bout du compte, j'ai notamment constaté que je suis très réactive à la laitue et particulièrement si elle fraîche et non en sachet, et ce encore plus si j'en consomme le soir.

Ne mangez pas trop sucré, peu gras, pas trop acide également. Prenez votre temps pour manger. Évitez les excès tant que possible. Si vous n'avez plus faim après le plat principal, exit le dessert même si il vous fait terriblement envie. Penser à votre intestin comme à votre enfant : il est essentiel à votre vie et très fragile. Avec l'expérience, j'ai aussi constaté que l'abus de thé (de théine et donc aussi de café/caféine) peut jouer sur les douleurs. Ne buvez donc pas trop de thé et de café et surtout ne les buvez pas brûlant.

Le sommeil tient aussi un rôle important. Il permet de vous reposer et donc de reposer votre intestin.

N'hésitez pas non plus à être porter attention à votre respiration. Quand vous avez mal au ventre, quand vous craignez qu'une crise arrive ; concentrez-vous sur votre respiration. Veillez à bien gonfler le ventre quand vous inspirez et à bien dégonfler le ventre quand vous expirez.



Aujourd'hui, j'ai donc consulté ma gastro-entérologue pour mon SII... Et nous avons parlé de mon poids.

Posté par OliviaJDS à 09:10 - - Permalien [#]
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