dimanche 22 novembre 2015

Le gros gros soucis de la soif (J+12)

Plusieurs amis m'avaient raconté avoir souffert de la soif suite à leur sleeve.
Jusqu'à présent, je me réjouissais que ça ne soit pas le cas pour moi. Et comme toujours, quand je me réjouis qu'une merdouille ne m'arrive pas, le lendemain elle me tombe dessus. Donc voilà, jusqu'à avant-hier je ne ressentais aucune frustration au niveau de la soif. Je buvais peu et ça me suffisait. Mais depuis ce matin, littéralement, je CRÈVE de soif non stop.

J'ai tellement soif que hier matin, j'en avais des petites croûtes dans la bouche ! Alors je me suis rincée la bouche. Je me suis brossée les dents et j'ai même fait un bain de bouche avec une solution à la menthe forte. Bouchée propre et fraîche mais toujours aussi soif.
Je ne petit-déjeune quasi jamais (alors qu'avant ma sleeve, je n'arrivai pas à me passer de petit-déjeuner) mais hier matin, je me suis fait un très bon thé légèrement sucré comme je l'aime. J'en ai bu la moitié, ce qui est beaucoup je trouve. Et bien, toujours aussi soif.
À midi, j'ai bu un verre d'eau. 30 minutes plus tard, j'ai manger de la soupe (donc de l'eau aussi). 30 minutes plus tard, j'ai re-bu un verre d'eau. Et bien, toujours aussi soif.
Dans l'après-midi, j'ai dégommé 50 cl d'eau en 3-4 prises. Toujours aussi soif.
Au dîner, même schéma qu'au déjeuner.
Et avant de filer au lit, j'ai encore bu un verre d'eau pour prendre mes médicaments.
Je me suis couchée toujours aussi assoiffée.

J'ai tellement eu soif hier que je me suis inquiétée de pouvoir boire autant.
Est-ce que je fais une fistule ? Non, je me sens en bonne forme et je n'ai pas une once de fièvre. Est-ce que je dilate l'estomac ? Je ne sais pas, je ne ressent pas la satieté quand je bois. Je m'arrête de boire par crainte et non parce que je suis pleine.
Du coup, je me suis renseignée auprès du corps médical.

Je peux boire autant que je veux à partir du moment où : je ne bois pas plus de 1 petit verre d'eau à la fois et ce en l'éloignant d'au-moins 30 minutes des repas. Par exemple, je peux boire 1 petit verre d'eau à 8h, petit-déjeuner de 8h30 à 8h40, boire 1 petit verre d'eau à 9h10, boire 1 petit verre d'eau à 10h30, boire 1 petit verre d'eau à 12h, déjeuner de 12h30 à 12h50, boire 1 petit verre d'eau à 13h20, boire 1 petit verre d'eau à 15h30, etc.

Du coup, j'utilise à fond la minuterie de mon téléphone.

Aujourd'hui, j'étais debout à 10h. Assise dans mon lit, j'ai bu 1 petit verre d'eau avant de filer à la salle de bain. Le temps de me doucher, me sécher, mes crémer le corps, me coiffer, me maquiller, il était 11h passées. J'ai bu 1 autre petit verre d'eau en sortant de la salle de bains. J'avais mis la minuterie à 30 mn sur mon téléphone pour être sûre de bien attendre 30 mn avant de boire à nouveau.
J'espère prendre le pli de boire un peu et régulièrement sans trop souffrir de la soif.

Une amie sleevée m'a conseillée de me faire des glaces à l'eau (de l'eau + un trait de sirop). Chez elle, ça l'a dessoiffé bien. Je vais tenter, on verra. Pourvu que ça marche !

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vendredi 13 novembre 2015

J+3 : retour à la maison

Ce matin, j'étais au taquet et déjà réveillée quand à 7h on est venu me servir mon thé désespérément tiède. J'en ai bu 3 belles gorgées.

Je suis allée me faire une toilette de chat dans ma micro salle de bain pour être toute propre pour le passage de la diététicienne.

Ensuite, j'a bien du attendre 2h après cette fameuses diététicienne. Alors une fois dans ma chambre, je ne l'ai pas lâché et l'entretien a bien du durer 1h. Elle m'a expliqué comment et quoi manger pendant le 1er mois de mon opération. Je n'ai pas appris grand chose de nouveau car lors des réunions Céliobe, nous avions déjà passé tout ça en revue. J'en ai surtout profité pour lui poser quelques questions.

Une fois la diététicienne partie, mon mari est arrivé. J'ai rassemblé mes affaires, je suis passée saluer les infirmières qui s'étaient bien occupées de moi et je suis partie. Puis il a quand même fallu poireauté 20 minutes aux administrations pour récupérer mon dossier avant de rejoindre la voiture.

Pour rejoindre la voiture sur le parking justement... Je marche comme une petite mamie. Je n'ose pas dérouler mon dos pour ne pas tirer sur mes cicatrices. Elles ne sont pas douloureuses, elles sont juste sensibles. D'ailleurs, je n'ai toujours pas mal au ventre. J'ai encore un peu la nausée mais pas mal au ventre. Je suis juste sensible, toujours comme si j'étais ballonnée par un gros repas hors c'est très très loin d'être le cas.

Mon mari a roulé le plus délicatement possible pour que la ceinture de sécurité de la voiture frotte le moins possible sur mes cicatrices. J'ai un mari en or, je sais.

De retour à la maison, je me suis posée dans le canapée et j'ai de suite téléphoner à une infirmière à domicile. Elle passera tous les jours pendant 10 jours me faire 1 piqure anti-phlébite. Mon mari, de son côté, en a profité pour filer mes chercher mes médicaments à la pharmacie. La liste est conséquente : de la vitamine B1 et B12, un complexe multi-vitaminé, un médicaments contre les remontées acides, un autre contre les douleurs, un autre contre les nausées, et j'en oublie.

Il est déjà 18h et je suis fatiguée.

Je file sous la douche, je dînerai en pyjama.
Ce soir, j'ai avalé 2 cuillères à café de soupe maison, bien parfumée et bien onctueuse. Ça a eu énormément de mal à passé. J'attends 30 minutes avant de boire un peu et il est déjà 20h.

Pour passer la soirée, on visionne 1 épisode de la série Under the dome. C'est tellement étrange cette série qu'en un rien de temps, mon mari et moi nous endormons dans le canapé. À 20h45, le lecteur de DVD et la télévision sont coupés et nous sommes déjà couché.
Pas facile pour moi, de retour à la maison, de continuer à dormir sur le dos comme on me l'avait demandé à l'hopital. Ma position naturelle pour dormir, c'est sur le ventre. Finalement, je trouve le sommeil plus rapidement que je ne l'aurais espéré.

On est bien chez soi...

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jeudi 12 novembre 2015

J+2

Cette nuit, les infirmières ont eu pitié de moi et ne m'ont pas réveillée toutes les 2h pour surveiller mes constantes. J'ai pu facilement dormir 6 bonnes heures d'affilées et je le ressent ce matin au réveil. Je suis moins patraque. J'ai d'avantage envie de bouger. Je me sens moins nauséeuse également.

Mon petit-déjeuner matinal (il doit être à peine 7h quand on me le sert) est composé d'une grande tasse de thé (toujours aussi tiède) + 1 Flamby. J'avale 2 gorgées de thé et je mets 30 minutes pour manger 3 petites cuillères à café de Flamby puis le plateau repart. Je n'ai pas vraiment faim et le peu que j'avale me rassasie illlico.

Très tôt, le docteur Arnalsteen me rend visite. Il consulte mon dossier. Les suites de l'opération se déroulent comme il le souhaite. Il s'étonne que je sois encore sous perfusion et m'annonce qu'il va demander à ce qu'on m'enlève tout ça. Je lui précise que j'ai des naussées non stop. Pour lui, ce n'est pas inquiétant vu l'opération. Il me recommande d'aller marcher dans le couloir (pour stimuler ma circulation sanguine, mon transit, me changer les idées, dépenser un peu de calories et je ne sais quoi d'autre). Puis il m'annonce que si je suis ok, je peux sortir demain, après avoir vu la diététicienne.

Et je suis ok !

Mon mari arrive au même moment. Pas le temps de s'assoire, je l'embarque avec moi pour marcher. Toujours accrochée à son bras, j'arpente 2 fois le couloir sans trop être ni fatiguée, ni tiraillée par les cicatrices. C'est assez impressionnant comme on se remet vite d'une opération tout de même conséquente.

De retour dans ma chambre, je ne regagne pas mon lit mais m'assoie au fauteuil. Je m'y sens bien. J'en avais marre d'être à moitié allongé 24h/24. Mon mari allume la télévision et une chaîne retransmet un vieux film qu'on avait bien aimé alors nous voilà, en train de regarder à nouveau ce vieux film. La matinée passe relativement vive. J'ai finalement eu bien raison de prendre l'option TV/Internet, même pour 3 jours.

Le repas du midi arrive non sans me rappeler le dîner de la veille : un bol de soupe cette fois-ci de couleur verte et totalement froid, pour ne pas dire gelé. C'est bien simple, j'en goute une cuillère que je recrache illico dans le bol. Une aide soignante se désespère de voir que je ne vais encore une fois rien avaler et me propose d'aller me réchauffer le bol. Ce sera inutile, même chaude, je n'y toucherai pas. C'est de la flotte colorée en vert, ça n'a aucun goût. J'ai beau être convalescente des suites d'une opération de l'estomac, pour autant j'ai gardé le goût des bonnes choses.
On me propose un yaourt à boire. Puis finalement une compote sans morceau.
Je tente la compote : 2 cuillères à café passe et je me sens remplie.
Mon déjeuner se termine ainsi.

Dans l'après-midi, les infirmières m'ont retiré mon cathéters et mes perfusions. On m'a aussi nettoyé les cicatrices pour ensuite les bomber d'un pansement liquide transparent. J'ai pu aller prendre une vraie douche, me mouiller entièrement. Le pur bonheur avant d'aller me coucher. Du coup, j'ai trouvé le sommeil en un rien de temps.

Je n'ai pas touché au dîner que l'on m'a servi. Je ne me souviens même plus de quel couleur était la soupe. Je me souviens juste d'un ramequin rempli d'une masse jaune et compacte protégée par un film où il est écrit "compote pro". C'est donc sûrement de la compote enrichie de protéines. Docilement, mon mari se dévoue pour gouter ce truc et, bien sûr, c'est dégueulasse. Ce soir encore, je n'avalerai rien mais ça n'a rien de grave, je n'ai absolument pas faim.

Je m'endors rapidement et paisiblement en pensant que demain, normalement, je sors.



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mercredi 11 novembre 2015

J+1

Les infirmières de nuit sont venues ce matin à 6h30 pour faire la dernière vérification de mes constantes de nuit. Et elles ont décidé que ma nuit était terminée en ouvrant grand mes volets.

À 7h, on m'a servi un thé (tiède) dont j'ai bu 2 gorgées.

J'ai ensuite refusé que l'on me lave au lit.
Je suis extra pudique et je suis aussi extra maniaque sur l'hygiène corporelle. Il est donc absolument hors de question qu'une infirmière qui doit avoir 15 de moins que moi me lave à même mon lit. Je prends donc mon courage à deux mains, où plutôt ma patère de perfusion de la main droite, et je file dans la micro salle de bain de ma chambre.
Ah... La salle de bain.
Ma chambre solo (1 seul lit) a sa propre salle de bain, c'est à dire une petite pièce aveugle avec un lavabo dans le passage, un coin douche sans bac (l'évacuation se fait à même le sol) et au fond, il y a le WC. On ajoute à cela un fauteuil pour pouvoir se laver ainsi et aucun obèse n'arrive à rentrer là-dedans sans se cogner. Alors imaginer ma situation, obèse avec en plus une patère à laquelle pendouille 3 perfusions...
Tant bien que mal, j'arrive à faire une toilette de chat au lavabo : la figure, les aisselles, l'entre-jambe. Mon mari, en restant en dehors de la salle de bain puisqu'elle est trop petite, et en tendant le bras, viendra me frotter le dos. Bonheur !

Retour au lit. J'ai la tête qui tourne et je me sens exténuée par cette toilette.
Pour autant, je n'ai toujours pas mal au ventre. Je me sens barbouillée, j'ai la nausée mais je n'ai pas mal au ventre.

Au même moment, mon chirurgien, le docteur Arnalsteen me rends visite. Il est satisfait de l'opération. Il est satisfait de l'état de mes cicatrices. Je suis satisfaite qu'il soit satisfait. Tout va bien dans le meilleur des mondes mis à part que je suis toujours et encore nauséeuse.

J'ai passé le reste de la journée à regardé la télévision d'un oeil, feuilleter des magazines et échanger des banalités avec mon mari. Les heures durent une éternité et même si je somnole beaucoup, je m'ennuie terriblement.

Il est midi.
On me rapporte un yaourt sauf qu'à part le fromage, je n'aime pas les produits laitiers.
Le yaourts repartira d'où il vient sans que j'y touche. Finalement, on me trouvera un pot de compote sans morceaux. J'en mangerai 2 cuillères à café et ce sera tout ce que j'avalerai aujourd'hui.

Je regarde la télé et je somnole. 

Les infirmières se succèdent à mon chevet et sont toutes aux petits soins.
On vient régulièrement me changer mes perfusions, me demander si j'ai encore des nausées. On me trouve même de la compote parce que finalement on s'est rendue compte que je n'avais rien mangé à midi. La compote, c'est 1/2 cuillère à café et ça bloque. Si je ne maigris pas avec ça...

Le journée file ainsi. Je me sens relativement en forme mis à part ces nausées. Les heures sont longues et bien évidement, il n'y a rien d'intéressant à la télévision pour me changer les idées. Alors, accroché au bras de mon mari et sur les recommandations des infirmières, je pars marcher un peu dans le couleur. 150 m suffisent à me fatiguer.

C'est l'heure du dîner et  ce coup-ci, j'ai droit à un bol de soupe. Enfin, un bol d'eau colorée en rouge-orange. J'en prend un fond de cuillère à soupe. C'est tiéde voir quasi froid et en plus ça a un goût dégueulasse. Non en fait ça a un goût ni de légumes, ni de viande, ni de poisson. À quoi est donc cette soupe ? Impossible de le savoir. Du coup, ça me dégoûte et je n'en consomme pas une seule cuillère. De toute façon, je n'ai pas faim. Ah tiens, est si j'avais la chance de ne plus jamais ressentir la sensation de faim ?
Avec la soupe, j'ai aussi un yaourt à boire du type mini Yop. Je n'aime pas ça. Je n'y touche pas.
Le plateau repas repart intact et ça n'inquiète personne. Je ne suis qu'à J+1 de ma sleeve donc cela doit être normal.

Avant de songer à ma nuit, je fais un passage par la salle de bain pour improviser une petite douche. Cela fait un bien fou de sentir l'eau couler sur moi. J'évite soigneusement de me mouiller le bras à perfusion ainsi que le ventre qui est encore sensible. Je me sèche, j'enfile un nouveau poncho (la blouse pour obèse de La Louvière) et je regagne le lit.

C'est là qu'une très violente douleur me prendre à la poitrine puis au bras gauche. Mon dieu, je fais une crise cardiaque ??? J'appelle une infirmière qui me rassure et me dit que c'est sûrement les gaz de la coelioscopie qui remontent. J'étais prévenue mais je ne pensais pas que ça pouvait arriver le lendemain. L'infirmière me change une perfusion et je m'octroie une dose de morphine avec ma pompe. Cela ne me soulage quasi pas hélas.

Mon mari rentre à la maison. Je me retrouve seule avec ce mal d'épaule du au gaz. Alors pour me changer les idées, je me décide à regarder un film à la télévision sauf qu'au bout de 10 minutes à peine, je sens le sommeil me gagner. Hop, j'éteinds la télévision et je m'endors.

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mardi 10 novembre 2015

JOUR J : aujourd'hui, je suis opérée d'une sleeve

Je suis rentrée à l'hopital ce matin. Après être passée aux admissions, j'ai juste eu le temps de poser ma petite valise dans ma chambre avant que ma préparation pour le bloc commence.
J'ai du me peser (140 kg sur la balance à aiguille de l'hôpital, tout comme sur ma balance électronique à la maison).
J'ai du me doucher avec de la Bétadine. Pour ceux qui se le demande : ce n'est ni sale, ni puant. Une douche à la Bétadine, c'est juste étrange parce que ça ne sent pas le savon et c'est rougeâtre. Mais ça n'a rien de dégueulasse et ragoûtant comme j'ai pu le lire sur la toile.
Puis j'ai enfilé mes bas de contention. J'en ai pris 2 anciennes paires qui ont 2 et 4 ans. Elles feront l'affaire. Vu le prix de la paire, je n'avais pas envie d'en racheter même avec l'ordonnance de mon chirurgien.

Le brancardier est venu me chercher.
Je ne stress pas mais mon mari, lui, à l'air très angoissé. Il faut dire que j'attends ce jour depuis très longtemps. J'ai aussi été très bien informée et préparée. Je sais dans quoi je m'embarque. Et surtout, j'ai confiance en mon chirurgien le docteur Arnalsteen.
Mon mari a peur. Il a un ami qui s'est fait opéré d'un by-pass et qui ne s'est pas réveillé de son opération. Il a fait un coma de 1 mois. C'est sûr que ça fait réfléchir. Et ça m'a fait réfléchir. Dans la vie, on est à l'abri de rien. Je peux moi aussi faire un coma des suites de mon opération. Je peux aussi ne pas me faire opérer et mourir d'une crise cardiaque dans 3 ans.
Mon lit rentre dans l'ascenseur. Un dernier petit au revoir de la main à mon mari et me voilà partie pour le bloc.


Le bloc opération...

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, il fait plutôt bon au bloc.
Je glisse de mon lit pour rejoindre la table d'opération. L'infirmière de bloc me demande de remonter sur la table. Ok mais c'est très inconfortable. Je dois remonter encore. Ok mais c'est encore plus inconfortable.
Une fois installée comme il le faut, l'anesthésiste me pose un cathéters pendant que j'échange quelques mots avec mon chirurgien. Je crois que c'est la 1re fois que je le vois aussi doux, accessible et souriant. Ça change des consultations où il était totalement placide.
Une paire de mains non identifiées me pose un masque sur le visage. Ça y est, c'est pour dormir ? Non non.
Non ? Je sens le sommeil arriver d'un coup. Comme dans les mauvais films, mes yeux papillonnent et je m'endors illico.


Voilà, c'est fait. Je suis sleevée !

Je me réveille en salle de réveil. C'est une vraie fourmilière. La lumière est vive, mon lit est coincé entre 2 autres lits. Je vois un peu partout des infirmières s'activer. L'une d'elle a repéré que je me suis réveillée. Tout va bien ? Oui, est-ce que j'ai un drain ? Non.
Je referme les yeux un instant et j'écoute ce qui se trame autour de moi.
J'ai mal à la gorge et c'est sûrement du à l'intubation. J'ai mal au dos aussi et c'est sûrement au fait que j'étais très inconfortablement installée sur la table d'opération. Mais je n'ai pas mal au ventre. Je sens juste que je suis un peu barbouillée comme après un trop gros repas mais ça n'a rien de douloureux.
Je referme les yeux et somnole. J'entends l'agitation toute relative. Dès que j'ouvre un oeil, une infirmière le remarque et m'observe avec attention. Si je bouge un peu, elle accourt pour voir si tout va bien. Je me sens en sécurité.


Retour dans ma chambre...

Entre ce moment et la salle de réveil, j'ai un trou noir. Je ne me souviens pas être sortie de la salle, je ne me souviens pas avoir pris un ascenceur, enpreinté un couleur, rentré dans ma chambre. Pourtant j'y suis. Et seule. Mon mari est reparti au travail. Je dois l'appeler dès que je me sens disposée à recevoir de la visite. En attendant je me repose.
Les infirmières sont toujours aux petits soins. On me demande si j'ai la nausée. Oui. On me demande si j'ai mal. Juste un au dos. Je leur demande si je peux boir. Pas avant ce soir 19h.
Je ne me rends pas bien compte des heures qui filent, je suis encore un peu dans le gaz. Soudain, mon mari est là. Il est rassurée, je vais bien. On échange quelques mots mais je continue de somnoler. Je n'ai toujours pas mal ; juste une sensation de ballonnement. Je sens qu'on a trifouillé à l'intérieur, c'est pas très agréable mais je ne souffre pas mis à part à la gorge et au dos.


Le 1er "repas" d'après sleeve...

Il est 19h, je suis dispensée de toilette... Et de repas. Ce soir, je n'ai droit qu'à un verre d'eau tempéré. Et ça me suffit largement puisque je n'en bois que 2 toutes petites gorgées alors que j'avais un peu soif. C'est 2 petites gorgées me suffisent. Je ne suis pas bloquée. Je n'ai déjà plus soif.


La 1re nuit d'après sleeve...

Mon mari m'a quitté vers 19h30 et je me suis aussitôt assoupie. Puis réveillée. Puis assoupie. Je n'ai fait que ça toute la nuit. J'ai toujours mal à la gorge et au dos. J'ai aussi la nausée et ça c'est franchement très désagréable. Les infirmières m'ont installée plusieurs perfusions pour lutter contre la douleur et la nausée et aussi aussi pour me nourrir un minimum. Je suis une dure à cure, aucune des perf' ne fait effet.
J'ai du mal à trouver un sommeil profond et réparateur. Sans compter que, toutes les 2h, 2 infirmières viennent à mon chevet relever mes constantes : prise de température dans l'oreille, prise de tension, vérification de l'oxygenation du sang, vérification des courbes du monitoring, vérification de l'état des cicatrices, vérification du niveau des perfusions. Et question récurrente : comment ça va ? J'ai envie de leur hurler que je suis crevée de chez crevée et que j'aimerai qu'on me laisse dormir mais ces charmantes dames ne font que leur boulot donc je me taies.

Il est 6h30, c'est le dernier passage des infirmières de nuit pour la vérification des constantes. On ne me demande pas si je veux encore dormir et on ouvre grand les volets de me chambre. Soit, je ne dormirai pas sur le matin.


Un nouveau jour de ma nouvelle vie commence...

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